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mercredi, 31 octobre 2007

L'angoisse de la pauvreté

  bdb6885a42cc6c391754030ee1e70103.gifLa pauvreté représente de nos jours un risque très élevé au sein de la population. Même en France, une frange considérable de la population manque de ressources. Il ne s’agit pas (dans la plupart des cas) de dénuement total, comparable à ce que l’on rencontre dans les pays les plus pauvres. Mais il n’empêche que des millions d’enfants, d’hommes et de femmes vivent à l’écart des normes de la société. Ils n’aspirent pas seulement à manger, mais à avoir un logement décent, à étudier ou travailler, à se soigner... comme les autres. Cette pauvreté suscite l’indignation dans tous les milieux sociaux, mais elle est souvent déconnectée de la question des inégalités de façon générale. L’angoisse se fait de plus en plus ressentir en France, car le taux de pauvreté a enregistré depuis sa création une hausse de 11,7 à 12,1% d’après les chiffres publiés par l’INSEE.

Pour connaître la perception des Français face à ce fléau, le Secours Populaire et Ipsos ont réalisé une enquête dont les résultats font froid dans le dos. Il s’avère que près de la moitié de nos concitoyens connaissent des pauvres dans leur entourage et que près d’un tiers admettent avoir traversé une telle situation.


Logiquement, un très net consensus se dessine pour considérer comme pauvre une personne qui éprouve régulièrement d'importantes difficultés à se procurer une alimentation saine et équilibrée, à payer son loyer, un emprunt immobilier ou les charges de son logement, ou encore à payer certains actes médicaux mal remboursés. Mais au-delà de ces besoins primaires que sont la santé, le gîte et le couvert, la conception que les Français ont de la pauvreté s'élargit aux conditions de vie d'ordre matériel ou culturel. Ainsi, sept à huit Français sur dix considèrent comme pauvres les personnes ayant du mal à s'acheter des vêtements convenables (78%), à envoyer leurs enfants en vacances au moins une fois par an (74%) ou à accéder à des biens ou des activités culturelles et de loisirs pour soi ou sa famille (69%). À noter que ce sont les Français les plus âgés et les moins diplômés qui se montrent les plus sensibles à l'accès aux loisirs ou à la culture, les Franciliens accordant quant à eux plus d'importance que les provinciaux au départ des enfants en vacances (85% contre 71%).

De même, si les bénéficiaires des minima sociaux (RMI, Minimum vieillesse) et les chômeurs de longue durée sont clairement considérés comme pauvres – par au moins huit Français sur dix –, cette conception s'élargit aussi aux personnes éprouvant des difficultés de logement ou de surendettement. Ainsi, à l'heure où le problème du logement devient de plus en plus crucial (notamment pour les jeunes), 85% des Français estiment que l'on est en situation de pauvreté lorsque l'on est dans l'incapacité de louer seul un appartement. Et cette affirmation est très ferme (54% de réponses « Tout à fait »). De même, une majorité un peu moins forte mais très conséquente applique ce terme de « pauvre » aux personnes en situation de surendettement (77%) ou dans l'incapacité de contracter un prêt bancaire (71%).

Si la pauvreté inquiète de plus en plus nos concitoyens, c'est très probablement parce que d'une façon ou d'une autre, ils ont le sentiment d'avoir de grandes chances de rencontrer ce risque un jour ou l'autre dans leur vie. En effet, 45% des Français avouent, qu'à un moment de leur vie, ils ont failli connaître une situation de pauvreté ou ont rencontré une situation de très forte précarité. Et si 15% d'entre eux ont réussi à y échapper, 30% déclarent n'avoir pas pu éviter la pauvreté. Quoiqu'il en soit, ce résultat donne un assez bon aperçu des catégories de personnes les plus touchées par la pauvreté. Parmi elles, on trouve logiquement les foyers vivant avec moins de 2 000 € nets par mois (43%), les catégories populaires (35% des employés et des ouvriers) et, dans une moindre mesure, les femmes (33% contre 26% des hommes). De son côté, le diplôme de baccalauréat apparaît comme un véritable rempart contre la pauvreté. La proportion de personnes ayant connu un état de pauvreté est deux fois moindre chez ceux le détenant que chez les autres (18% contre 36%). On peut noter que cette proportion des personnes ayant rencontré une période de pauvreté tend à augmenter avec l'âge - 6% des moins de 25 ans, 28% des 25-44 ans, 40% des 45-69 ans et 35% des plus de 70 ans. Il faut dire que les jeunes bénéficient du fait qu'ils ont vécu jusque-là moins longtemps que leurs aînés – ce qui limite logiquement les risques de la vie – et qu'ils sont plus facilement soutenus par leur famille que les autres tranches d'âge.

Aujourd'hui, près de 56% des Français connaissent un proche qui leur semble être dans une situation de pauvreté. Et pour plus d'un quart d'entre eux (27%), cette personne vit au sein de leur propre famille. A contrario, seulement 44% des personnes interrogées disent ne pas avoir dans leur entourage de proche en situation de pauvreté. Et si une graduation en fonction de l'âge apparaît aussi sur ce point, il y a moins d'écart entre hommes et femmes, ainsi qu'entre catégories socioprofessionnelles. De même, le baccalauréat joue moins son rôle protecteur en ce qui concerne la présence de pauvres dans son environnement social. La pauvreté est un risque face auquel une part très importante de la population n’a pas la certitude de pouvoir bénéficier d'un soutien. Près de 4 Français sur 10 ne seraient pas certains de pouvoir disposer d'une aide alimentaire et d'un endroit où se loger, même sur une période courte… À noter que ces soutiens dépendent beaucoup de l'âge et du niveau d'études de la personne.

Commentaires

j'ai pas de réponse pour la misère, mais je pense juste que l'argent de la France pourrait être distribuer équitablement et ce n'est pas le cas quand on voit cela :

Suivant la lettre hebdomadaire "Profession politique" Le budget de l'Elysée va tripler en 2008 passant de 32 à 100 millions d'euros.
Quant à la rémunération du Chef de l'Etat actuellement de 101.488 euros en 2007, l'Elysée juge souhaitable qu'elle passe à 240.000 euros bruts par an.

Çà doit être dans le cadre du " Bossez plus pour gagner plus" ? en ce qui concerne notre cher président ?

bon, moi je vais continuer à faire mes courses dans les "hards discount", à récupérer les fringues des copines et à voyager grâce à la télé !! merci monsieur le président !

Ecrit par : Brigitte | mercredi, 31 octobre 2007

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