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jeudi, 28 février 2008
Moment ordinaire au commissariat
Mardi 26 février, le portable sonne, c’est le commissariat de Romans.
Une femme est venue déposée plainte contre son mari pour violence conjugale.(avec un ITT de 15 jours !)
Les deux parties sont dans les locaux et la femme a besoin d’être écouté, elle est sous le choc et ne veut pas quittée le commissariat.
Une bénévole du collectif arrive au commissariat, elle est accueillie par une hôtesse et un officier de police qui lui expliquent la situation « cette personne est perdue , elle sous le choc ». Je lui propose de l’emmener à la Maison de Quartier pour discuter mais finalement nous restons au commissariat.
On nous propose un lieu pour discuter (l'office).La victime me relate qu’elle a croisé dans les locaux du commissariat son mari qui l’a menacé du poing devant des policiers témoins. Un policier le confirmera.
L'officier de police ayant auditionné le mari arrive dans l’office et nous met dehors en informant la victime qu’il veut la réentendre car « elle a menti ! », qu’elle prend des cachets et que c’est donc une hystérique, qu’elle a frappé sa belle mère(qui n’a pourtant pas eu d’ITT !) et j’en passe…
Nous tombons de haut toutes les deux, cette personne vient de passer du statut de victime à coupable. Depuis quand les officiers de police prennent parti pour l’un des deux camps ? Seuls des juges ont ce pouvoir. Ils ont tout de même été témoin dans leurs locaux de menaces proférées par le mari!!
Cette femme arrivée quelques heures auparavant au commissariat complètement perdue et choquée, reçoit un deuxième choc…
Nous nous retrouvons dans un autre bureau où la victime se défend et où 3 des collègues de ce lieutenant essayent de minimiser la situation, selon leur dire « il ne serait pas très diplomate » et c’est faute à pas de chance qu'elle soit tombée sur cet officier, « il est comme ça »ce serait donc son caractère qui prendrait le dessus ! Désormais, et selon l'anecdote il serait bon de se renseigner sur la personne qui est de permanence avant d’aller porter plainte, car selon le ressenti de votre interlocuteur vous serez reçu plus ou moins correctement.
Les propos de ce lieutenant étaient à la limite du correct et de « l’entendable » pour une victime.
Elle n’est pas ré entendu le soir même mais convoquée le lendemain matin à 9h, elle souhaite ma présence. Je la ramène chez elle. Je l'a ramène alors que la voiture du mari est là. Nouvel épisode cocasse. Elle ne peut pas la conduire, c'est pas sa voiture. Il faut l'autorisation du mari: rigolo non!!
Cette personne a donc eu dans la journée 5 interlocuteurs différents au commissariat avec des discours complètement opposés.
Le lendemain matin, la victime complètement perdue me dit qu’elle veut enlever sa plainte pour ses enfants car son mari n’est pas un criminel. Après avoir vécu sa journée d’hier et les propos d’accusation porté par ce lieutenant, je crois que tous les ingrédients étaient présents pour la faire un peu plus culpabilisé et arrivé au but: de lui faire retirer sa plainte.
Le lieutenant toujours aussi aimable (pas de bonjour en arrivant) me demande qu’est ce que je fais là et rajoute qu’il a convoqué seulement Madame et que je dois descendre en bas l’attendre à l’accueil. Je lui rétorque que Madame souhaitait ma présence. La confrontation avec son mari à lieu mais je n’y suis pas invitée.
La victime annonce qu’elle veut enlever sa plainte et va entamer une procédure de divorce mais la réponse est aussi sèche, « il est trop tard, maintenant la plainte est parti au procureur, il faut que vous lui fassiez un courrier mais il se peut qu’il n’en tienne pas compte»
Après ce passage chez le lieutenant, nous allons à l’accueil pour récupérer le récépissé de la plainte qui ne lui avait pas été donné la veille. L’hôtesse d’accueil nous envoie dans le bureau du responsable des plaintes qui a eu un tout autre discours par rapport à celui de son collègue. Il lui conseille de garder sa plainte, qu’elle a fait un grand pas et que sa démarche est bonne. Il lui conseille de prendre le temps de réfléchir avant d’envoyer une lettre au procureur (le délai étant de 15 jours). Enfin une personne à l’écoute qui ne juge pas!
Il est tout de même inquiétant d’entendre les discours aussi divergeant d’une personne à l’autre, cet évènement montre bien un manque de formation pour l’accueil des personnes victimes de violences conjugales.
16:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Vive le sport en prison
Commentaires
on dirait un scenario d'un polar des années 80! un RDV s'impose avec le commissariat de Romans! celui ci ne peut appeler le collectif pour lui demander d'intervenir et ensuite avoir des comportements contradictoires aussi navrants. Même si cela dépend de l'agent de police présent à ce moment là, on ne peut pas prendre le risque de tomber sur le mauvais jour, la mauvaise heure!
Comment cela se passe t'il pour les victimes non accompagnées?
une veille citoyenne s'impose!
révoltant, vraiment révoltant...
Ecrit par : sandrine | jeudi, 28 février 2008
il est en effet urgent d'agir!
mais comment?
il sagit de postures individuelles de certains membres de la police, alors de la formation? oui , sans doute , mais elle doit etre obligatoire car si elle est basée sur le volontariat, j'ai un doute sur une participation massive.
un rendez-vous rapide semble déjà un premier pas afin d' exposer nos remarques et suggestions .
Ecrit par : brigitte | samedi, 01 mars 2008
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